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dimanche 26 octobre 2008

Resources Humaines

Le DRH doit devenir le fou du roi 

Pour Chris Verougstraete, la fonction de DRH doit revêtir une dimension éthique propre à faire de lui la conscience de l’entreprise.

Juriste et titulaire d’un MBA de la Vlerick Management School, Chris Verougstraete (58 ans) a derrière lui une longue expérience en tant que directeur des ressources humaines dans les plus grandes entreprises : Sabena, Monsanto, Alcatel, Alstom à Paris, Interbrew et Reuters à Londres…

Lui qui s’est arrêté il y a trois ans pour s’offrir un vieux rêve et reprendre des études de philosophie à la VUB, revient pour nous sur sa carrière et sa vision d’une fonction en pleine mutation.

Vous avez couronné votre carrière de DRH par le prix « UK Excellence in HR Change Management Award 2005 ». Dans quel contexte l’avez-vous remporté ?

C’est un prix d’excellence anglais comparable à l’élection du DRH de l’année par les professionnels, journalistes et consultants en Belgique. Nous avons reçu le prix pour le turnaround culturel et le rôle de support, catalyseur et moteur joué dans le processus de changement mis en oeuvre chez Reuters, qui était alors en grande crise. On a licencié 3 000 personnes, on en a engagé 1 500 et tous les systèmes RH ont été revus en fonction du défi que constituait la survie de la boîte. Un changement fondamental. Outre que culturel, le turnaround fut général : technique, commercial et financier. Suite à cela, le prix de l’action a quadruplé en deux ans !

Quels étaient les problèmes de Reuters?

Reuters a été une société très 'successful', très anglaise dans sa culture, impériale, arrogante, cérébrale, et qui a gagné un argent bête, jusqu’à ce que Bloomberg commence à lui manger son déjeuner et lui faire concurrence. Reuters n’avait pas l’habitude de penser client – eux savaient mieux que le client lui-même ce dont il avait besoin. Puis la bulle a éclaté, en 2002. Le cours est tombé en dessous de la livre, venant de 16. Il y avait réel danger pour la survie de la société. Le nouveau CEO, Tom Glocer, un Américain, a décrété qu’il fallait changer la culture. J’avais une expérience en gestion de changement, il m’a engagé.

Comment vous y êtes-vous pris ?

Même en période de licenciement collectif, on a continué à communiquer avec les travailleurs, leur demandant ce qu’ils pensaient du leadership et de la gestion de la situation. On a davantage outsourcé et entamé les activités en Inde et Thaïlande : une révolution. Nous avons également revu tous les systèmes de performance, de formation, de communication interne, de carrière, de rémunération, etc.. On a engagé des gens plus jeunes, moins arrogants, plus internationaux, notamment des Russes, des Indiens, des Thaïs, pas seulement des Anglais ou des Américains. Les index de satisfaction des clients et des employés ont tout de suite augmenté et le résultat s’est traduit dans le cours de l’action.

On préconise d’appliquer les recettes marketing à la gestion des ressources humaines. On parle d’ailleurs du personnel comme du«5e P ». Qu’en pensez-vous?

On peut gérer le personnel avec les 4 P du marketing. Le 'Produit' serait la construction de la « capabilité » humaine dans l’entreprise, c’est-à-dire le développement des talents, des connaissances et des attitudes. Le 'Prix' serait le système de récompense. La 'Place' correspondrait à l’organisation physique du travail (par exemple l'« open space ») et à l’organisation d’une hiérarchie très«aplatie ». La ‘Promotion' enfin représenterait la communication interne. Mais en raisonnant de cette manière, j’ai l’impression qu’on met trop l’accent sur l’aspect ressource: l’homme dans la société est beaucoup plus qu’une ressource qu’on recrute ou qu’on licencie comme un outil. Il est temps d’aller plus loin. Ainsi, je substituerais volontiers à 'Personnel' le terme 'Passion', qui sous-entend un réel engagement des hommes, au sens de ‘commitment’, en anglais. Kim Cameron, professeur à la University of Michigan, a mené une étude expliquant que les plus grands indicateurs du succès d’une société sont, en cascade, le cours de l’action, influencé par la profitabilité, elle-même soumise à la croissance des ventes, qui dépend à son tour de la loyauté et de la satisfaction des clients. Tout cela est bien clair dans le chef des entreprises et fort bien compris par le marketing. Mais la loyauté du client découle à son tour de l’engagement des ressources humaines, qui résulte quant à lui de la qualité du management. Le message de l’étude du Professeur Cameron était en substance que la plupart des organisations gèrent bien les quatre premiers indicateurs mais sous-estiment les deux derniers.

La fonction RH est-elle en crise ?

Aujourd’hui, il semble y avoir une discussion sur la valeur ajoutée de la fonction. Je trouve cela inquiétant. Même s’il y a de très bons DRH qui réalisent sans doute beaucoup de valeur ajoutée, ce n’est pas ce que reflète le sentiment général. Or je suis de ceux qui croient qu’on reçoit le respect qu’on mérite. Personne ne remet en cause la valeur ajoutée des directeurs financiers, marketing ou juridiques. Il faut donc croire que beaucoup de professionnels des ressources humaines ne délivrent pas le résultat attendu. A mon avis, la fonction se focalise encore trop sur des tâches traditionnelles, comme les relations syndicales ou la paie. J’ai eu un patron qui m’a dit : arrêtez d’organiser des exercices de groupe, où tout le monde est beau et gentil, mais sans rien de concret derrière. Quand on veut mériter le respect de ses collègues, il faut démontrer qu’on apporte une réelle valeur ajoutée à la fonction.

Que suggérez-vous aux DRH?

Je crois que la fonction RH doit se focaliser sur et s’impliquer dans la stratégie, qui est une responsabilité commune de l’équipe au top. Le DRH a pour première fonction de construire la « capabilité » humaine à réaliser la mission de l’entreprise, c’est-à-dire assurer au personnel la compétence, l’attitude, et mettre à sa disposition des moyens et du pouvoir. Cela veut dire que le DRH, et ce n’est pas souvent le cas je crois, doit participer à la construction du business dans lequel il travaille et s’impliquer dans la définition de sa stratégie. Il doit avoir voix au chapitre, car il va devoir communiquer et réaliser cette stratégie.

Les DRH sont-ils préparés au changement ?

Le DRH a pour mission vitale d’être le champion du changement, plutôt que d’être une fonction conservatrice ou le policier de la boîte, qui produit 1 000 excuses pour ne pas changer. Les DRH doivent changer eux-mêmes. La valeur ajoutée est à mon avis dans le«change management ». Le monde autour de nous change, on ne réalise pas à quelle vitesse. Avec la mondialisation, les meilleurs talents ont le choix et peuvent partir à l’international. Il faut vraiment qu’on offre quelque chose aux jeunes professionnels talentueux, qui dépasse le salaire. Il faut offrir un nouveau contrat social. On demande aux travailleurs de la passion et beaucoup de travail. Mais que leur offre-t-on en retour ? Quand j’étais chez Reuters, nous avons fait un contrat social clair. Nous avons dit au personnel : « nous ne pouvons pas vous garantir un emploi à long terme dans les conditions actuelles ; vous courez un risque si la société court un risque ; la société court un risque si vous ne travaillez pas à augmenter votre valeur ; votre valeur doit excéder votre coût ». En contrepartie, nous leur avons énuméré en dix points ce qu’on s’engageait à leur offrir : des attentes claires, de la dignité et du respect, un environnement sans harcèlement, des opportunités d’apprendre, des moyens en suffisance mis à leur disposition, une rémunération équitable, pas la plus haute mais mutuellement satisfaisante, un coaching, un feedback honnête, des conseils pour progresser, des opportunités d’avancement, pas forcément dans la hiérarchie, mais dans l’expansion des talents, et enfin une employabilité continue, c’est-à-dire l’assurance d’être meilleurs lors de leur départ qu’à leur entrée dans l’entreprise. Ça, c’est traiter les gens comme des adultes, sans promesses en l’air, mais avec un engagement clair vis-à-vis d’eux. On ne manageait plus par objectif, mais par résultats : tout était mesurable, quantifiable et intégré dans la réalité des choses.

Comment voyez-vous l’avenir et les défis du DRH?

Le DRH doit devenir un businessman: il doit comprendre qu’il est là pour réaliser le business de l’entreprise, pas pour se faire plaisir, ni faire plaisir aux employés ou aux syndicats. Il faut qu’il y ait une vraie orientation résultats. Je vois de plus en plus de ‘line managers’qui vont passer par la fonction DRH pour leur développement avant de devenir CEO. Le challenge pour eux est de vraiment s’impliquer dans la stratégie technique, commerciale, marketing, financière. De même, le DRH ne doit pas avoir peur de quitter sa fonction pour s’imprégner des autres. Ensuite, je crois que l’entreprise aura de plus en plus besoin à l’avenir d’une autorité morale et éthique. C’est une opportunité pour le DRH qui devrait devenir la conscience de l’entreprise. D’abord vis-à-vis du CEO : le DRH doit devenir le fou du roi, le type dans la société qui dit la vérité et qui ne sera pas le premier à être tué. Il doit ensuite devenir le porte-parole de la société environnante. Voyez les discussions à propos des compensations et des salaires des grands patrons. J’estime que le DRH ne joue pas son rôle. Il ne devrait pas être le sous-fifre, l’exécutant du patron, mais être créatif. Il y a actuellement une mauvaise gestion, une mauvaise communication, et trop de secrets. Le fait qu’on paie deux ou trois ans de salaire à un patron qui a échoué n’est pas éthique. Si l’organisation ne se régule pas elle-même, c’est la société qui va intervenir et limiter. Le DRH doit être le garde-fou contre les excès. Il doit avoir le pouvoir d’être en désaccord et de parler. Cela demande énormément de courage et c’est la raison pour laquelle cela ne se fait pas assez aujourd’hui. Mais l’aspect moral, éthique est essentiel et constitue une opportunité pour le DRH de demain._

Propos recueillis par Françoise Antoine

Source : L’Echo DU SAMEDI 25 AU LUNDI 27 OCTOBRE 2008

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samedi 28 juin 2008

Retour en arrière, bientôt l'inquisition ...

Le personnel des banques sous haute surveillance



A cause de la nouvelle réglementation MiFID, le portefeuille titres de dizaines de milliers de salariés du secteur bancaire sera surveillé en permanence par leur employeur.


Sébastien Buron


Censée protéger les épargnants, la nouvelle réglementation MiFID (Markets in Financial Instruments Directive) impose aussi aux banques de surveiller les transactions personnelles sur instruments financiers de leur personnel dit «sensible». C'est-à-dire les employés qui interviennent dans des activités susceptibles de donner lieu à un conflit d'intérêts, qui ont accès à des informations privilégiées ou à des informations relatives aux clients ou à leurs transactions (dirigeants, traders dans les salles de marché, par exemple).
But: diminuer les risques de fraude, les délits d'initié, et lutter contre le blanchiment.


Deux grandes banques ont déjà dit oui

Seulement voilà: au moins deux des quatre grandes institutions bancaires de la place (dont Dexia) ont d'ores et déjà décidé d'appliquer ces règles spécifiques à l’ensemble de leur personnel. Cela va, par exemple, de l'interdiction d'effectuer des opérations sur les titres de la banque elle-même à l'obligation pour l’employé de localiser ses avoirs chez son employeur et de n'effectuer des transactions financières qu'à cet endroit En clair, plus question, par exemple, pour un cadre de Dexia (ou les membres de sa famille) de réaliser des opérations (achat ou vente d'actions) à titre privé sur un compte-titres chez Fortis, par exemple. A moins d'en informer son employeur.




JEAN-PIERREBUYLE, AVOCAT,

CABINETPHILIPPE&PARTNERS

«On associe de plus en plus les

institutions financières, surtout

les banques, à un travail de police

judiciaire.»

La plupart des banques obligeront par ailleurs leur personnel à conserver les titres acquis avant de les revendre avant un certain délai, qui varie de 1 à 30 jours. «On associe de plus en plus les institutions financières, surtout les banques, à un travail de police judiciaire, souligne à ce propos Jean-Pierre Buyle, avocat spécialisé en droit bancaire au cabinet Philippe & Partners. Les banquiers sont de plus en plus chargés de rechercher et de localiser les infractions. Ils doivent s'informer, détecter, dénoncer et collaborer avec les autorités publiques pour compte de l'Etat» D'accord, pas d'accord? Le dernier rapport de la CTIF (Cellule de traitement des informations financières), organe chargé de traquer l'argent sale, fait en tout cas état de 12.830 dénonciations en matière de blanchiment en 2007, ce qui représente une augmentation de 30% par rapport à l'année précédente.

Une intrusion disproportionnée dans la vie personnelle

Notons que ces mesures pourraient concerner plus de 50.000 personnes (employés de banque et membres de leur famille, agents et courtiers indépendants). «Outre la discrimination entre les employés de banque et les autres justiciables pouvant entrer en possession d'informations privilégiées comme les avocats, les réviseurs d'entreprise ou les autorités de contrôle, on peut se poser la question de savoir si tout cela est conforme aux principes fondamentaux relatifs à la protection de la vie privée et familiale», se demande Jean-Pierre Buyle. A son sens, cette intrusion dans la vie personnelle est manifestement disproportionnée au regard de l'objectif poursuivi par le législateur.

source : Trends tendances - 26 juin 2008

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mardi 25 mars 2008

Le sommet de l'iceberg ou l'aiguille dans la botte de foin ?


La Société générale a contrôlé 75 fois son trader pour rien

Les supérieurs de Kerviel lui avaient même conseillé de ''placer'' ses gains de 1,4 milliard.

Et ils avouent, dans un rapport interne, n'avoir rien compris à ses multiples opérations.

DANS les premiers jours de. janvier 2008, Eric Cordelle, son chef de service, passe un coup de fil à Jérôme Kerviel. «J'ai vu que tu avais plus de 1,4 milliard en trésorerie depuis quelques jours ,tu as bien pensé à les placer? », demande-t-il à son trader. Et celui-ci le rassure aussitôt.

L'épisode, révélé lors de la confrontation entre Kerviel et Cordelle, le 6 mars, dans le bureau du juge Renaud Van Ruymbeke, montre qu'à l'évidence la hiérarchie du petit trader avait connaissance de l'incroyable «matelas" de plus-values que celui-ci avait constitué. Son chef de service s'est-il au moins soucié de savoir d'où provenait ce magot? «Je ne l'ai pas demandé à Kerviel, a-t-il répondu au juge. Les seules consignes que j'avais de ma direction étaient de m'assurer que la trésorerie des traders soit correctement placée. »

Pour leur défense, les responsables de la Générale affirment que Kerviel (libéré le 18 mars) leur avait expliqué avoir monté des opérations fictives - déficitaires, elles - à hauteur de 1,4 milliard, qu'il allait falloir éponger dans les semaines à venir. Le magot ne faisait donc qu'un passage provisoire dans sa « cagnotte" et ne pouvait être comptabilisé comme bénéfice. Et la Société générale a gobé tout ça...

Rapport assassin

Seul problème-: jamais les activités de Kerviel - un trader cantonné aux opérations à faible rendement- n'auraient du l'amener à manier de tels montants. Et la situation ne datait pas d'hier: au 30 juin 2007, Kerviel perdait 2 milliards, mais, en août, il avait redressé la barre, gagnant 500 millions d'euros. La pelote n'avait ensuite cessé de grossir, sans que personne s'en étonne.

Ce n'est pas faute de vérifications: selon le rapport interne, publié, le 20 février, par l'Inspection générale de la banque, 75 contrôles - pas un de moins - ont été menés entre janvier 2007 et janvier 2008, à la suite d'anomalies constatées dans les opérations de« GOP 2A", le code informatique de Kerviel. Ils sont tous restés sans lendemain, sauf le dernier, le 18janvier, qui a déclenché l'affaire.

Ainsi, en avril 2007, 1'« agent contrôleur41 » - dans le jargon du rapport de la Générale - remarque que deux comptes de « GOP 2A " ont pris brutalement des proportions gigantesques pour atteindre 50 milliards. Pourquoi s'émouvoir pour si peu ! En mai 2007, « GOP 2A »fait une opération un samedi, jour de fermeture des marchés. L'«agent contrôleur 30» l'interroge à ce sujet et avale ses explications, sans «s'assurer de la véracité des informations ». Qui; évidemment, n'en ont aucune.

Abonné absent

Juillet 2007, 1'«agent contrôleur 29 " découvre que deux opérations du trader, d'un montant de 7 milliards, sont «fictives ». Les éclaircissements de Kerviel« manquent de vraisemblance », mais la « hiérarchie, prévenue, n'a pas réagi », note sobrement le rapport. Une autre fois, 1'«agent 30» essaie d'en savoir plus, mais elle avoue «n'avoir pas compris l'explication» donnée par Kerviel. Des alertes non suivies d'enquêtes, il y en a comme ça sur neuf pages. _ _

Le service comptable de la banque ne s'est pas ému davantage de n'avoir jamais signé le moindre chèque pour couvrir les opérations fictives déficitaires de Kerviel. Aucune question, non plus, sur l'origine des bénéfices réalisés - officiellement- par Kerviel: 55 millions en 2007, soit plus de la moitié de ce qu'a engrangé son service, et plus que les sept autres traders qui y travaillaient avec lui. De même, les dizaines de millions d'euros de commissions versées à la Fimat – pourtant une filiale de la Générale – qui réalisait l’essentiel des opérations du trader, n'ont pas déclenché le tocsin.

Calme plat, donc, jusqu’a la lettre d'alerte de la chambre de compensation allemande Eurex, signalant que Kerviel, autorisé à acheter au plus 200 ou 300 « contrats DAX~) (titres représentatifs de l'indice boursier de Francfort), venait d'en acquérir 6 000 (pour 1,2 milliard) en deux heures. Adressée personnellement, le 26 novembre, au chef de service du trader, Cordelle, cette note ne sera même pas lue par son destinataire. « Je n'ai rien vu, je reçois 200 à 300 mails par jour », a-t- il expliqué au juge. Evidemment...

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Un ancien supérieur de Kerviel, Alain Deklerk, qui a quitté son poste au printemps 2007, au moment où le trader a commencé à mener des .opérations à grande échelle, ne s'est pas montré tendre. « Si quelqu'un avait vraiment regardé dans les comptes de Kerviel, a-t-il déclaré au juge le 13 mars, il aurait tout de suite compris.» C'est ce qu'a confirmé Kerviel aux enquêteurs, selon l'ouvrage de Pierre- Antoine Delhommais, « Cinq milliards en fumée" (Seuil) : « Tout contrôle correctement effectué était à même de déceler ces opérations. »

Encore fallait-il savoir compter!

Hervé Martin

source : Le Canard enchaîné du 19 mars 2008

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mercredi 5 mars 2008

Transparence ?

Les sociétés cotées ont une nouvelle arme pour dépister les intrus

L'arrêté royal de la loi du 2 mai 2007 vient d'être publié au Moniteur. Ce texte abroge et remplace la législation précédente sur la publication des participations importantes des sociétés cotées en Bourse. Ces dernières pourront, à partir du 1er septembre 2008, réduire le premier seuil de déclaration à 1% contre 3% aujourd'hui. Euronext ne sera plus en charge de la publication des notifications.

Bruxelles (L’Echo) – Alors que de nouvelles règles régissant les offres publiques d’acquisition (OPA) sont d’application en Belgique depuis six mois, nos entreprises cotées vont devoir se familiariser, en 2008, avec une mise à jour portant, cette fois, sur la publicité des participations importantes. Cette nouvelle réforme est le fruit de l’application, dans le droit belge, d’une directive sur la transparence. Celle-ci a pour objectif «de renforcer l’attrait du marché européen en améliorant l’information fournie aux investisseurs de façon à leur permettre de placer plus efficacement leurs fonds. »
Flash-back
Petit retour en arrière. Après le raid surprise de De Benedetti sur la Société Générale de Belgique, le législateur a voulu faire en sorte qu’un tel scénario ne se reproduise plus. D’où la loi du 2 mars 1989 et son arrêté royal d’exécution du 8 novembre de la même année. Une partie de ces textes est consacrée aux OPA et l’autre à l’évolution de l’actionnariat des entreprises cotées en Bourse.
Ils stipulent notamment que toute personne physique ou morale franchissant un seuil de 5% -et ses multiples- dans le capital d’une de ces sociétés est tenu d’en informer la société visée et la Commission bancaire, financière (CBF) devenue CBFA depuis lors. Cette législation, vieille de près de 20 ans, vient d’être remplacée par la loi du 2 mai 2007 et son arrêté royal du 14 février 2008 publié ce mardi dans Le Moniteur. La philosophie générale reste identique –suivre au plus près l’évolution significative de l’actionnariat des sociétés cotée- mais certaines modifications méritent d’être relevées.

Voici les principaux changements qui entreront en vigueur le 1er septembre 2008 :

La législation précédente autorisait les sociétés à abaisser statutairement le premier seuil de déclaration à 3% et à utiliser ensuite ses multiples (3%, 6%, 9%,…) en plus du seuil légal de 5% et de ses multiples (5%, 10%, 15%, …). La nouvelle loi permettra d’abaisser encore plus ce seuil à 1%,2%,3%,4% et 7,5%. L’assentiment des actionnaires réunis en assemblée extraordinaire sera toutefois requis pour utiliser ces nouveaux planchers. Des groupes à l’actionnariat très dispersé comme Fortis ou Umicore pourraient être très intéressés par une telle mesure leur permettant de guetter chaque mouvement significatif dans leur capital.

Le délai de publication des franchissements de seuils a été également réduit. On parle désormais de jours de cotation et non plus de jours ouvrables comme précédemment. La notification doit intervenir le deuxième jour de cotation suivant le jour de la transaction. La CBFA publiera sur son site le calendrier des jours de cotation des différents marchés règlementés belges.

Des notifications communes sont prévues dans deux cas : lorsque des droits de vote sont acquis ou cédés par un tiers qui agit en son nom propre mais pour le compte d’une autre personne physique ou morale ; lorsque des personnes agissent de concert.

La publication des déclarations de transparence ne sera plus opérée par le marché réglementé, c’est-à-dire Euronext Bruxelles. Concrètement cela signifie que les tableaux publiés dans la cote de L’Echo et du Tijd par Euronext devraient disparaître. La publication des changements dans l’actionnariat sera désormais assurée par la société elle-même. Sous quelle forme ? L’arrêté royal ne le dit pas explicitement mais cela pourrait prendre la forme d’un communiqué de presse. Les sociétés cotées seront en outre responsable du stockage de ces données.

En 1989, la loi autorisait une exemption exceptionnelle de publication de la déclaration dans le cas où celle-ci comportait pour la société un préjudice grave. Cette dérogation n’est, semble-t-il, pas reprise dans les nouveaux textes.

Si les nouvelles dispositions législatives vous semblent difficiles à saisir au premier coup d’œil et si la synthèse présentée ci-dessus vous paraît un peu sommaire, rassurez-vous : la CBFA publiera prochainement une circulaire détaillant les aspects pratiques des textes de loi.

Stéphane Wuille

source : L'Echo

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mardi 26 février 2008

Une autre façon d'appeler un chat un chat : la "réévaluation négative" !



ING/T4: bénéfice net en hausse malgré perte 194 millions euros

Amsterdam (AWP/AFX) - Le groupe néerlandais de banque et d'assurances ING a réalisé au quatrième trimestre 2007 un bénéfice net de 2,482 milliards d'euros, en hausse de 18,1% comparé aux 2,101 milliards d'euros dégagés un an plus tôt, malgré une perte liée à la crise du crédit, a-t-il annoncé mercredi.

Le bénéfice a été réalisé malgré une perte de 194 millions d'euros, qui s'inscrit dans les investissements à risques et est liée au marché du "subprime" aux Etats-Unis.

Ces résultats sont dans la fourchette des prévisions des analystes sondés par l'agence Thomson Financial, qui tablaient sur un bénéfice net pour le 4e trimestre entre 2,2 et 2,8 milliards d'euros.

Sur l'ensemble de l'année, le bénéfice net du groupe est de 9,241 milliards d'euros, en hausse de 20,1% par rapport aux 7,092 milliards d'euros de 2006.

Des ventes de parts dans la banque néerlandaise ABN Amro (reprise en 2007 par les banques Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander) et dans le groupe alimentaire Numico (repris par le groupe Danone en 2007 également) ont dopé les bénéfices.

Réparti par action, le bénéfice 2007 du groupe est de 4,32 euros, en hausse de 21% par rapport aux 3,57 euros de l'année précédente.

"Nous avons poursuivi nos priorités stratégiques sans être distraits par les turbulences du marché (...) Notre profil et notre gestion du risque nous ont protégés de l'impact direct de la crise du crédit et des liquidités", a déclaré le PDG Michel Tilmant.

Les bénéfice sous-jacent avant impôts pour 2007 est de 11,077 milliards d'euros, en hausse de 12,4% par rapport à l'année 2006. Ce résultat est en dessous de la prévision des analystes.

M. Tilmant l'attribue à des baisses des cours et de valeurs immobilières et estime qu'il illustre "l'incertitude croissante pour l'économie et la mobilité du marché, qui rendent le climat plein de défis".

La division bancaire a réalisé un bénéfice net sous-jacent avant impôts de 6,110 milliards d'euros en 2007, en hausse de 27,1%, alors que la division assurances a réalisé un bénéfice net sous-jacent avant impôts de 4,967 milliards d'euros.

Le groupe a en outre annoncé une "réévaluation négative" de 751 millions d'euros, qui n'est pas encore reprise dans la comptabilité, sur des produits financiers.

La direction s'est cependant voulue rassurante, affirmant disposer des fonds pour le développement organique du groupe et des acquisitions.

La direction a proposé un dividende de 1,48 euro par action, contre 1,32 euro en 2006.

afx/jq

(AWP/20 février 2008 09h15)

source : Romandie News


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mardi 15 janvier 2008

sub, allways sub ...


L'ECHO

La crise de l'immobilier et des "subprime" s'étend à l'automobile

Malgré l'optimisme affiché dimanche par l'industrie automobile à Detroit, les perspectives 2008 pour le marché américain sont peu réjouissantes, le ralentissement économique généré par la crise de l'immobilier et des "subprime" affectant désormais ce secteur. Alors que plusieurs analystes macro-économiques évoquent une entrée en récession des Etats-Unis, les principaux constructeurs automobiles sur ce marché, américains comme japonais, admettent envisager une demande en berne en 2008.

(afp) - L'année 2007 a déjà été mauvaise, à 16,14 millions d'unités, marquant la première année de recul pour ce marché après plusieurs années fastes.

"Nous tablons sur des ventes de l'ordre de 15,8 millions d'unités cette année", indique Michael Robinet, responsable des prévisions pour le cabinet CSM Worldwide, soit un recul de près de 2% sur 2007.

"Et encore, nous ne sommes pas aussi pessimistes que d'autres cabinets", ajoute-t-il.

Les analystes de la banque d'affaires Goldman Sachs font pour l'heure les prévisions les plus noires, envisageant des ventes autour de 15 millions d'unités seulement, soit un recul de près de 7% sur un an.

Le vice président de Chrysler, le constructeur américain le plus en difficultés - General Motors et Ford ont entamé avant lui restructuration et changements dans les modèles produits - a récemment averti que "la nouvelle année s'annonce difficile".

Le discours est similaire chez General Motors (GM), dont le vice président des ventes, Mark LaNeve, reconnaît qu'il s'attend à des ventes particulièrement mauvaises au premier trimestre.

"Nous ne voyons pas vraiment de changement de tendance avant la fin de l'année, voire le début 2009", estime quant à lui George Pipas, analyste des ventes chez Ford. Le groupe table sur 15,7 millions d'unités vendues cette année.

Même les constructeurs japonais, qui ont jusqu'ici gagné des parts de marché trimestre après trimestre au détriment des constructeurs américains, grâce à des modèles plus économes en carburant, dressent des perspectives sombres pour 2008.

Fred Standish, un porte-parole de Nissan North America, admet que les constructeurs japonais - Toyota, Honda et Nissan principalement - s'attendent à des vents de face. "Nous tablons sur des volumes de l'ordre de 15,5-16 millions d'unités", a-t-il indiqué à l'AFP.

Malgré l'introduction de nouveaux modèles cette année, ce responsable de Nissan redoute que la crise de l'immobilier résidentiel grippe un peu plus la consommation, en l'occurrence l'automobile
Toyota, le japonais leader aux Etats-Unis, a récemment revu en baisse ses prévisions de ventes sur ce marché à +1-2%, contre +3% précédemment, reconnaît Xavier Dominicis, un porte-parole de Toyota aux Etats-Unis.

Les consommateurs ont réduit leurs dépenses en raison de la hausse des prix de l'énergie et de la crise de l'immobilier résidentiel, rappelle Bob Carter, le vice président des ventes chez Toyota.

Les mises en chantier de logements, un baromètre pour les ventes de gros pick-up, accusent leurs pires performances en 16 ans, selon ce responsable.

Face à ces sombres perspectives, certains préfèrent penser à l'éclaircie.

Michael DiGiovanni, responsable de l'analyse des ventes chez GM, estime ainsi que le recul de l'immobilier présage d'une remontée nécessaire, sans doute fin 2008, voire début 2009.


07:39 - 14/01/2008
Copyright © L'Echo


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mercredi 2 janvier 2008

Michel Tilmant interviewed by Benjamin Todd

Michel Tilmant: Energize and inspire

Sunday, December 4, 2005 Posted: 1121 GMT (1921 HKT)
Michel Tilmant
Michel Tilmant

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YOUR SAY

LONDON, England (CNN) -- CNN Financial Editor Todd Benjamin speaks to Michel Tilmant, Chairman of the Executive Board of ING. The following is a transcript of the interview.

Q. Michel, first of all, you're one of the first non-Dutchmen to head up ING, what has that allowed you to do that you might not otherwise have been able to do?

A. Well I don't think I was chosen for my nationality. I was probably the right man at the right time for the right job -- that was why I was chosen. If you were not involved, you know, for years and years, you can have some distance, and I think that is probably the advantage I have.

Q. You've restructured ING by separating the banking and the insurance unit, you've sold off parts of the business that weren't working, this is the third restructuring that you've done. What have you learned through this process?

A. First of all, ING developed itself by a number of acquisitions over the years to become this large international group, and I thought that it was necessary to simplify the organization to make sure that things were more transparent and more accountable, the organization was more accountable. So that was the objective of my re-organization. I think also that after so many years of acquisition it was time to take a step back and say, "ok what is really necessary in this portfolio what is not necessary, and are we going to concentrate ourselves?"

Q. But when you do your restructuring tough decisions need to be made, what lessons have you learned from this process?

A. Well I think when you have to make decisions you have to make them, and make them fast and I think that is what I learned. I think that you cannot wait, because the world moves around you and you have to basically take those measures as quickly as you can so that you can concentrate what is essential.

Q. It seems in any restructuring identifying what isn't working and selling it off is the easier part, the tough job is figuring out how to build the business long term?

A. Yes [nods in agreement]. And at ING we have three areas on which we want to build our business. One is, the fact that there is a growing population, but the governments are more and more transferring to the private sector, the management and the servicing of the pensions. That is very important we built on that, on that change. Second, the new paradigm, the distribution of financial services, with the direct distribution and we built on that new paradigm. And third, the shift of wealth from the traditional western countries to the new fast developing countries and we are building also on that trend. So those are three fundamental trends on which we want to build the strategy of ING.

Q. But as a leader how do you develop the company's vision?

A. Well, first of all, I believe as a leader that you have to listen. You have to listen to the market, and you have to listen what the markets tells you. And then you have to basically with your colleagues think about how can we best capture those trends based on our skills. And then you have to basically send clear direction to the people.

Q. Now ING is out of the investment banking business -- do you have much respect for investment bankers or do you think they're wildly over-paid?

A. Oh, I was educated in an investment bank! I worked for JP Morgan for 15 years. So I have a lot of sympathy for their business, but at the same times, I know it required very good skills, it required also that you have a very strong market to develop your business. And therefore you need skills and market -- and I think that we have those skills and we have a market in Holland, we are in this business, in the market we can basically develop our business and we do it well. By the way, today also banking is the most profitable division of ING.

Q. I was looking at your building coming up here, it's all glass, and my understanding is that several of your buildings have an unusual design -- what does that represent?

A. Well, first of all, ING has a very important real estate portfolio, for years, and for years we have been, you know, given a lot of attention to make sure that those building are bringing something to society and if you want to bring something to society it is important that you differentiate yourself and that is what we try to do.

Q. I want to ask you some questions here on leadership; what do you think separates a good leader from a great leader?

A. Well I think what makes a difference is that a great leader can inspire and can energize. Two fantastic qualities, I think. Because a leader has to, you know, read the market, and watch to the market, want to make sure that, you know, he gives direction to the people, wants to make sure that he can employ people to move, that he can motivate people. But at the end the real difference is energizing and inspiring.

Q. How do you energize and inspire?

A. I think you need to have strong values, you need to have a clear direction, and I think also that you have to have human values.

Q. What do you mean by human values?

A. I think that it is very important in a job like mine to keep the fundamental values which matter, and you know, I think that we have business principles in our company, but I think behind those business principles is the human values on which you have built your own personality that count.

Q. Can you elaborate?

A. Well I think you need to have empathy for people, you need to understand the people character, you need to have some, some moral values on which you build your beliefs and I think that is very important, because people watch you. And as a leader the way you behave, ok, is very important because the institution are looking permanently how you behave and they adapt to that so if you have good human behavior they will adapt to that, if a leader does not they would probably adapt to that too.

Q. But when I see you interacting with your young staff it seems to me they give you a lot of energy?

A. Oh they give me a lot of energy of course! Because you know, young staff has fresh talent, they have trained professionalism, they have energy, and I think that gives me a lot of personal motivation to move forward.

Q. What do you think the biggest mistake most CEOs make is?

A. Oh that is very clear for me. It's basically, disconnect themselves from reality and start believing your own story.

Q. Can you elaborate?

A. Well, I think that if you are a chief executive the big risk is you start distancing yourself from reality because you run the risk to work in an ivory tower - and no, you have to go back to the floor, to the work floor, try to understand what's going on, and make sure that you keep connected with the reality - that is very very important. And I think you have also to make sure that what you say and what motivation you give to your people is also connected to that reality and you don't start believing in your story, which is completely disconnected from what people in the company believe.

Q. What do you look for in your key lieutenants?

A. I look for professional skills, I look for personality, and I look for human values.

Q. And can you tell by talking to someone if they have those, what you call, human values?

A. I think human values are something that, you know, you can talk about it, but it is much more important to walk the talk. And walking the talk is the most important way to express your human values.

Q. You've been recorded as saying "I'm very interested in making sure that the people around me are very concentrated on execution and performance, I like those things, it's probably the way I was born and raised"...

A. Yes, yes I think, you know, if you want to build a great company, which is what I call an excellent company, then you need people concentrating on getting things done and on getting the best performance possible. And that means having a vision and a direction and also to be attentive to the details that matter.

Q. These all seem to be buzz words -- how do you make sure that happens?

A. I prefer to talk to the people than to read long reports. My technique is to walk around and speak to people - try to find out what is going on in the company, and make sure I can stay connected with them.

Q. I want to ask you - how would you describe your own management style?

A. I think I am pragmatic, I'm involved and I'm energized.

Q. And I take it that you believe leadership is something that is innate, not learned?

A. Well, I think it is something that you basically get born with. But you can be learning to be better every day.

Q. Was there an incident when you were young that made you think, "Michel -- he's a leader"?

A. I wouldn't say so. I think that, I wouldn't say so, I think that, in my early days I was not a very good student, and I started feeling comfortable when I was at university and after. I think what makes a big difference for me is the opportunity that I received when I was relatively young to - young in my career - to travel. And that gave me a lot of exposure and helped me a lot in developing my skills.

Q. Now talking about travel, after graduating from a Belgian university on a government subsidy you traveled to the U.S. To find out how engineering companies were handling emerging market projects, now on the surface this, quite frankly, this sounds boring as hell, but what I'm interested in is how did that visit to the United States - did that have a major impact on you?

A. A major impact on me. Major, because, you know, I left Belgium, I was twenty-four, with my suitcase, and I traveled for a year. I never stayed the same place more than 15 days. And I came back a year later alone. And I had traveled through all the United States, and I had met many people, many characters, many interesting people, and I was myself alone for a year and this is a fantastic experience to develop yourself. You really learn about yourself, you learn to basically, to be comfortable in unknown territory, and learn also to build your own life - which I think was a very important experience.

Q. And this helped to build your confidence?

A. Yeah it helped to build my confidence and a feeling that I can that I could, basically, operate on my own.

Q. Do you think you would be the leader you are today without that experience?

A. You know, you build leadership over a number of experiences over the years, but this was a critical one, because this was a critical juncture between university and work. And this give me immediately the appetite, by the way, to go back to the states and certainly helped me in the process of joining, at the time, JP Morgan to move back to New York.

Q. How did that experience at JP Morgan, as a young banker, shape your business philosophy?

A. I think the philosophy of JP Morgan was very strong in professional training but also, I think, in business principals, and I think professional training and business principals that I learned there helped me throughout my whole career.

Q. What do you think your greatest strength is as a manager?

A. Common sense.

Q. Greatest weakness?

A. Impatience.

Q. Your biggest concern right now?

A. I'd like to know what I don't know.

Q. What do you mean?

A. Well in a job like my job, you, you know what you know, and you control what you know, but there are always new events, situations that change, that you would like to know before they happen.

Q. Wouldn't we all! [laughs] How would you describe your own personality?

A. Well I think, I think, I am pragmatic, involved, energized, and I try to pre-empt, permanently the events.

Q. Well you've been described as naturally charming but consciously seductive...[Michel laughs]... Gregarious and easily approachable, and ... abrupt.

A. Well, that's interesting. I didn't read myself. I didn't read that, but that's an interesting comment.

Q. What is it about business that you really love?

A. The action. I think that, you know, in business, especially in a company like this, providing you with so many opportunities, so many experiences, so many new things to discover, that it is a daily experience. There is no dull day, in my job.

Q. And if you could give advice, to somebody who wanted to go into business what would it be?

A. I would say that you need to learn some professional skills. You need to stick to some very strong human values, and you never loose your common sense.

Q. And you're still relatively young, but what do you want your legacy to be, do you think?

A. I want to leave behind me an excellent company. Excellent company for the people who work here, excellent company providing good service to the customers, and excellent company in providing return to share holders. I think we have to be careful, as chief executive, not to develop dreams that can lead to mistakes. I think we have to make sure that we manage the company to excellence, and that's a daily effort.

Q. Do you think there is anything in your childhood experience that shaped you fundamentally?

A. Well, I think I was a relatively shy, young boy and I was not very much skilled at sports, or even at school I was pretty average and that forced my character permanently to fight to perform. I was always relatively weak physically, when I was young, and I think those things forced me to fight.

Q. So it gave you a lot of drive?

A. A lot of drive, yes

Q. Did you feel you had something to prove to the world as you got older?

A. No. I'm not motivated by that. I'm not motivated by that.

Q. What motivates you?

A. I think that what motivates me is achieving objectives that have an impact, an impact on customers in our case, on people that work here, on shareholders, that's what motivates me.

source : CNN



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mardi 11 décembre 2007

Plus de papier le 1er janvier 2008


L'ECHO

Suppression des titres au porteur: 95% des sociétés cotées adaptées

Une très large majorité (95%) des quelque 200 entreprises belges cotées en bourse ont adapté leurs statuts à vingt jours de l'entrée en vigueur de la loi relative à la dématérialisation et à la suppression des titres au porteur, alors que 5 à 6 millions de titres cotés sont encore en circulation.

Bruxelles (L'Echo) - Une très large majorité (95%) des quelque 200 entreprises belges cotées en bourse ont adapté leurs statuts à vingt jours de l'entrée en vigueur de la loi relative à la dématérialisation et à la suppression des titres au porteur, alors que 5 à 6 millions de titres cotés sont encore en circulation, ont annoncé mardi la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et Febelfin (Fédération belge du secteur financier).

A partir du 1er janvier 2008, les titres de droit belge ne pourront plus être émis que sous forme nominative ou dématérialisée. Il sera aussi mis fin à la livraison matérielle de titres belges ou étrangers.

Pour les "instruments financiers" (actions cotées, Sicavs, bons de caisse, etc.), les titres seront dématérialisés à mesure de leur inscription sur un compte. Les droits liés aux titres physiques seront eux maintenus aussi longtemps que l'émetteur les reconnaîtra dans ses statuts, et au plus tard jusqu'au 31 décembre 2013, a expliqué Patrick Drogné, responsable de la Business Line "Marchés financiers" au sein de Febelfin.

Pour les autres titres (sociétés non cotées, petites et moyennes entreprises, etc.), il appartiendra à l'émetteur de reconnaître ou non la forme dématérialisée, a-t-il ajouté. Sinon, les titres devront être remis à l'émetteur pour leur conversion en titres nominatifs.

Si 95% des entreprises cotées en Bourse se sont déjà adaptées aux exigences de la nouvelle loi, moins de 10% d'entre elles ont opté uniquement pour des titres nominatifs ou dématérialisés dès le 1er janvier prochain. Nonante pour cent continueront à reconnaître aussi les titres sous forme physique, a indiqué Stéphane Bernard, administrateur délégué de la société belge de compensation bancaire Euroclear.

Selon la FEB et Febelfin, de 5 à 6 millions de titres de sociétés cotées sont actuellement encore en circulation.

Toutes les sociétés cotées devront avoir adapté leurs statuts pour le 28 décembre 2007 au plus tard, tandis que les sociétés non cotées bénéficient d'une période de transition plus souple, jusqu'au 31 décembre 2013. Ces dernières ont "déjà fait un effort d'adaptation", a souligné Patrick Drogné, sans toutefois pouvoir citer de chiffres.

A partir du 1er janvier 2014, tous les émetteurs auront dû adapter leurs statuts et les droits des titres physiques seront suspendus. Un an plus tard, dès le 1er janvier 2015, les titres dont le titulaire n'est pas identifié, ou le produit de leur vente, seront déposés auprès de la Caisse des dépôts et des consignations. Dès le 31 décembre 2015, une amende de 10% par année de retard sera exigée pour leur restitution.

Un site internet sur la dématérialisation (www.dmat.be) a été créé par la "Dmat Task Force", un groupe de travail regroupant la Banque nationale de Belgique, Febelfin, la FEB, Euroclear Belgium, la Fédération royale du notariat belge et NYSE-Euronext.

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14:34 - 11/12/2007
Copyright © L'Echo

http://www.lecho.be/article/article.6021668

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Petro dollars chez JP


Un fonds de Dubaï discute avec JP Morgan

Un fonds public émirati, Investment Corporation of Dubai (ICD), d'une capitalisation de 81,7 milliards de dollars, a discuté cette semaine des perspectives de coopération avec la banque américaine d'investissement JP Morgan, selon un communiqué.

(afp) - Le directeur général d'ICD, Mohamed Al-Chaibani, a évoqué avec le directeur général adjoint de JP Morgan Investment Bank, Bill Winters, de "divers vecteurs de coopération mutuelle ainsi que des vastes opportunités d'investissement qu'offrent les nombreuses sociétés relevant d'ICD".
"Au moment où Dubaï s'impose comme un centre financier international, le soutien d'institutions financières de renommée mondiale comme JP Morgan est essentiel pour notre stratégie de nouer d'étroites relations avec les grandes sociétés financières et d'investissement dans le monde", a-t-il ajouté, selon le communiqué publié par ICD.
"Nous cherchons à travailler étroitement avec ICD et avec le gouvernement de Dubaï pour une relation de long terme", a déclaré pour sa part M. Winters, venu à Dubaï à la tête d'une délégation de sa banque.
Fondé en mai 2006, ICD investit dans plusieurs grandes sociétés de l'émirat de Dubaï, dont la compagnie aérienne Emirates et l'exploitant portuaire DP World.
Dubaï est l'un des sept membres de la Fédération des émirats arabes unis.
Les Emirats, qui ont vu leurs recettes gonfler avec l'envolée des cours du pétrole à près de 100 dollars le baril, multiplient les investissements dans les grandes sociétés et places boursières internationales depuis quelques mois.
Ainsi, Abou Dhabi, un des riches émirats pétroliers de la Fédération, s'est engagé fin novembre à investir 7,5 milliards de dollars dans Citigroup, la première banque américaine et mondiale, fragilisée par la crise des crédits "subprime", en rachetant à terme jusqu'à 4,9% de son capital.
L'investissement devra être effectué par l'Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds d'investissement souverain d'Abou Dhabi.

08:53 - 11/12/2007
Copyright © L'Echo (source)


Dubaï
Dubaï ou Doubaï (en arabe دبي, Dubayy) est à la fois une ville et un émirat des Émirats arabes unis.

Fondé au , l'émirat et la ville prennent de l'importance en participant à la création des États de la Trêve (Trucial States en anglais) en 1853 puis des Émirats arabes unis actuels en 1971. L'émir de Dubaï conserve ainsi de manière officieuse le poste de vice-président des Émirats arabes unis.

Avec 3 885 km², c'est le deuxième émirat en terme de superficie après Abou Dabi. Ouvert sur le golfe Persique et situé entre les émirats de Charjah (au Nord et à l'Est) et d'Abou Dabi (au Sud), la majeure partie du territoire est occupée par le désert du Rub al-Khali. La petite enclave de Hatta est sise dans les montagnes sur la frontière avec le sultanat d'Oman.


Pour la suite, voir Wikipédia.org...



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dimanche 9 décembre 2007

Tilmant or not Tilmant ?


Citigroup devrait choisir son nouveau PDG en début de semaine

Le conseil d'administration de la banque américaine Citigroup, dont le PDG Charles Prince a démissionné début novembre, devrait choisir son successeur lundi ou mardi, après cinq semaines de recherche, selon le Wall Street Journal qui cite des sources informées. Selon le WSJ, le favori serait Vikram Pandit, actuellement chargé de la branche banque d'investissement du groupe et spécialiste de la gestion du risque, qui est entré à Citigroup seulement en juillet dernier.

(afp) - Charles Prince avait démissionné le 4 novembre après que la banque avait annoncé des dépréciations d'actifs colossales dues à la perte de valeur des crédits hypothécaires à risque ("subprime").

Parmi les autres candidats figure l'ancien président du groupe Robert Willemstad.

Le conseil d'administration doit se réunir lundi et mardi pour trancher: il n'est pas certain qu'une décision sera prise mais il est sous pression pour agir vite, pour rassurer les marchés inquiets des dépréciations d'actifs à venir.

La banque, qui a déjà déprécié plus de 3 milliards d'actifs au 3e trimestre, a annoncé qu'elle devrait encore effacer de ses comptes 8 à 11 milliards de dollars au titre du 4e trimestre.

La banque doit aussi se choisir un nouveau président du conseil d'administration, car M. Prince cumulait les deux titres.

Au départ de M. Prince, Citigroup avait choisi comme président du conseil par intérim l'ancien secrétaire au Trésor Robert Rubin, qui était déjà président du comité exécutif de la banque, mais il ne compte pas rester à cette fonction plus longtemps que nécessaire, selon le WSJ.

M. Pandit est enté chez Citigroup seulement en juillet, lorsque le groupe a racheté son fonds d'innvestissement Old Lane Partners, et il n'est pas jugé assez chevronné pour cumuler les deux postes au départ.

Photo Bloomberg

17:18 - 08/12/2007
Copyright © L'Echo (source)

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vendredi 7 décembre 2007

Sursis pour les victimes du subprime

Immobilier: le plan Bush pourrait concerner 1,2 million de propriétaires

Bush va proposer jeudi un plan d'aide aux propriétaires endettés prévoyant notamment le gel des taux de leurs emprunts immobiliers "subprime". Les autres aides consistent en des facilités de refinancement.

(afp) - Quelque 1,2 million de ménages américains pourraient bénéficier du plan d'aide aux emprunteurs immobiliers initié par l'administration, a estimé jeudi le président George W. Bush. "Les estimations vont jusqu'à 1,2 million de propriétaires américains qui pourraient prétendre à cette assistance", a affirmé M. Bush lors d'une conférence de presse.

Ce plan d'aide aux propriétaires endettés, très attendu, prévoit notamment le gel des taux de certaines emprunts immobiliers "subprime" -- ces prêts consentis à des ménages pauvres à des taux variables, et qui vont subir dans les prochains mois leur premier ajustement de taux, souvent en forte hausse.

Les emprunteurs répondant aux critères pourront "geler leur taux d'emprunt pendant cinq ans", a affirmé M. Bush, confirmant des informations de presse.

Cela devrait éviter des procédures de saisies qui "auraient des conséquences négatives pour l'économie", a ajouté M. Bush, en soulignant que "les prêteurs et les investisseurs feraient face à des pertes énormes, donc ils ont un intérêt à soutenir le conseil aux emprunteurs et à travailler avec eux pour empêcher les saisies".

Parmi les autres solutions proposées, les emprunteurs en difficulté pourront bénéficier de facilités de refinancement, a-t-il ajouté.

Ce plan vise à aider "les ménages qui seront incapables de payer leur remboursement de prêt +subprime+ une fois que les taux auront été ajustés à la hausse, mais qui pouvaient au moins faire face au taux initial", a ajouté le président américain.

Il exclut donc les ménages pouvant faire face au refinancement, ceux qui n'auraient de toute façon pas pu rembourser leur prêt même à taux bas, ainsi que les Américains ayant contracté un prêt pour investir dans l'immobilier.

20:20 - 06/12/2007
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Il ne faut pas désespérer ...

Poignée de mains israélo-palestinienne à Monaco

Un ministre israélien et un ambassadeur palestinien se sont longuement serré la main à Monaco, applaudis par 150 participants du 1er forum international « Peace and Sport » organisé sous l’égide de SAS le Prince Albert II de Monaco. M. Manuel Hassassian, ambassadeur de Palestine en Grande-Bretagne, puis M. Galeb Majadle, ministre de la Culture, des Sports et des Sciences d’Israël, sont d’abord intervenus à tour de rôle pour évoquer le rôle du sport dans le rapprochement des communautés israélienne et palestinienne au Proche-Orient. C’est à la fin de l’intervention israélienne que M. Hassassian est revenu vers l’estrade pour serrer la main de M. Majadle, rejoint aussitôt par le Prince Albert II, grand sportif et membre du Comité international olympique. « Ce n’était pas du tout prévu comme ça, nous avons été très surpris », a indiqué l’attachée de presse de ce 1er Forum Peace and Sport.

source : Le Soir


Cette poignée de mains a été aussitôt saluée par Mario Pescante, président de la Commission des relations internationales du CIO, comme un "moment historique" et la "preuve concrète que le sport peut favoriser le rapprochement et abattre les préjugés". (AFP)

source : tsr.ch

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mardi 4 décembre 2007

Un peu d'histoire ...

La crise expliquée aux nuls

PIERRE BOUILLON

lundi 03 décembre 2007, 01:24

Et tout « ça » vient d'où ? La crise du jour ne plonge pas seulement ses racines dans le scrutin du 10 juin. Remontons aux sources. Pour bien saisir l'affaire…

*

Kroll

La rupture – 1999

Bien sûr, nos discordes sont aussi anciennes que le pays (le Mouvement flamand émerge peu après 1830, pour exiger que le néerlandais puisse être parlé dans les tribunaux, dans l'administration, etc.). Mais coupons court. Et posons-nous en 1999.

C'est une année d'élection. Et le scrutin va créer une terrible rupture dans la vie politique : les deux partis chrétiens (le flamand CVP et le francophone PSC) valsent dans l'opposition.

Ce n'était plus arrivé depuis… 42 ans !

Au scrutin, ils se sont effondrés, usés, rongés par leurs conflits internes (c'est surtout vrai au PSC où le conflit Nothomb-Milquet pour la présidence a fait rage pendant trois longues années).

Exit Jean-Luc Dehaene.

Le libéral flamand Guy Verhofstadt fonde un gouvernement « arc-en-ciel » (libéraux-socialistes-écologistes).

Conséquences de l'épisode : en état de choc, les chrétiens vont mettre plusieurs années pour reprendre des couleurs. Le PSC va devoir se rajeunir et se rénover (en 2003, sa présidente Joëlle Milquet rebaptisera le parti en CDH pour Centre démocrate humaniste).

Le CVP, lui aussi, changera de nom (il deviendra le CD&V). Mais surtout, il se radicalise. Désormais dans l'opposition, et en guerre ouverte avec ce Verhofstadt qui a gagné le scrutin, il va durcir le ton sur le plan communautaire pour ne pas laisser le monopole de la cause flamande au Vlaams Blok avec qui il partage les bancs de l'opposition.

Le tournant – 2001

À l'automne 2000, Verhofstadt engage la cinquième réforme de l'État (après celles de 1970, 1980, 1988 et 1992). Celle-ci s'appellera Saint-Polycarpe – en Belgique, on donne aux accords le nom du saint du jour… But de la réforme : refinancer les Communautés (française, flamande et germanophone). Ce sont les francophones qui demandent ceci – exsangue, la Communauté française n'est pas en état de payer son école. Cette demande (pressante) va donner à la Flandre l'occasion d'exiger de nouvelles régionalisations. Les francophones n'étaient pas demandeurs – pour eux, la réforme de l'État de 1992 pouvait être la dernière… Mais ils sont bien obligés de les accepter – sans ça, pas de sous pour l'école.

Pour réformer l'État, pour faire glisser des compétences du fédéral vers les régions, il faut modifier la Constitution et une série de lois spéciales. Et pour faire ceci, il faut l'aval d'au moins 2/3 des députés et sénateurs. Ensemble, à l'époque, libéraux, socialistes et écologistes n'ont pas à ces 2/3. Il leur faut donc l'appui d'élus de l'opposition. Verhofstadt sollicite le PSC et la Volksunie (VU).

La VU est un petit parti séparatiste flamand. En échange de son soutien, elle exigera beaucoup – et l'obtiendra (notamment : elle fera artificiellement gonfler le nombre d'élus flamands au parlement de la Région bruxelloise). En dépit de ceci, la VU hésitera fort (et longtemps) à aider Verhofstadt. Elle finira par le faire, à l'été 2001. Mais ce sera au prix d'une crise interne grave. Après le vote de Polycarpe, la VU éclate en deux. Se créent la N-VA (nationalistes de droite) et Spirit (nationalistes de gauche).

Conséquences de l'épisode : autrefois concentré à la VU, le nationalisme flamand démocratique s'émiette et « contamine » les autres partis (la N-VA s'associera en 2004 avec le CD&V, Spirit ira en cartel avec les socialistes du SP.A tandis que d'autres ex-VU rallieront le VLD ou, même, les écologistes de Groen…).

CD&V, SP.A, VLD et Groen restent attachés au pays mais la dispersion des ex-VU va radicaliser l'ensemble du paysage politique flamand, généralement demandeur, non pas d'une Flandre indépendante, mais d'une Flandre… plus indépendante.

Autre effet de l'épisode : les francophones ne sont désormais plus demandeurs de rien sur le plan institutionnel. Dans l'histoire du pays, c'est « le » tournant.

Jusqu'en 1992, les Wallons étaient, eux aussi, demandeurs d'autonomie régionale. L'intérêt wallon « collait » à l'intérêt flamand. En 2001, les francophones ont dû « subir » une cinquième réforme pour pouvoir sauver leur école. Là, stop. On redoute que l'étape suivante consiste à régionaliser des éléments de la Sécurité sociale (politique de santé, chômage, etc.). Les Wallons seraient alors dans le pétrin : ils n'ont pas les moyens financiers pour ça…

Le pépin BHV- 2002

En 2002, le gouvernement remanie le système électoral. Il élargit la taille des circonscriptions. Celles-ci épouseront désormais le tracé des provinces. On laisse une exception : c'est l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Créé en 1963, cet arrondissement regroupe 54 communes (les 19 de Bruxelles + 35 communes du Brabant flamand). Il est donc à cheval sur deux régions (la Région bruxelloise et la Région flamande). C'est ce qui fait sa singularité – les autres arrondissements sont soit en Flandre, soit en Wallonie. Pourquoi cette singularité ? En 1963, on a observé que beaucoup de francophones vivaient dans ces 35 fameuses communes flamandes. On n'a pas voulu les couper de Bruxelles, majoritairement francophone.

En pratique, c'est quoi, BHV ? Un électeur de Flandre peut voter pour un candidat basé à Bruxelles ; et un électeur de Bruxelles peut voter pour un candidat de Flandre. Cet arrondissement est aussi un arrondissement judiciaire : tout habitant de BHV peut se faire juger dans la langue de son choix. Le hic ? La Flandre s'est toujours battue pour que les territoires régionaux soient « homogènes » (ici, c'est la Flandre, là-bas, c'est Bruxelles…). À cheval sur deux régions, BHV heurte ce principe. Dès 1963, le Nord va donc demander sa scission – cela donnerait : Bruxelles de son côté, Hal-Vilvorde serait rattaché au Brabant flamand.

L'opposition flamande déposera à la Cour d'arbitrage un recours contre la réforme des arrondissements. En 2003, la Cour lui donne raison. Elle observe qu'il y a une anomalie : tous les arrondissements épousent le tracé des provinces, sauf BHV. Elle demande que l'on règle ça (et donne un délai : 2007). Les francophones traduisent : il faut en revenir à l'ancienne découpe des arrondissements. Les Flamands traduisent : il faut scinder BHV. Ce que les francophones refusent. En sommeil depuis des années, BHV devient un sujet brûlant…

RAS… – 2003

Élections fédérales de 2003 : RAS… Sauf ceci : les verts perdent le scrutin et retournent dans l'opposition. CDH et CD&V ne sont pas encore en forme. Verhofstadt fonde donc un gouvernement socialiste-libéral (on dira : « violet ».)

La trahison – 2004

Élections régionales de 2004. Après 5 ans de galère, CDH et CD&V relèvent la tête. Désormais épaulé par la N-VA (le cartel a été bâti en février 2004), le CD&V rentre au gouvernement de la Région flamande. Le CDH rentre dans les exécutifs de la Région wallonne, de la Région bruxelloise et de la Communauté française. À ces trois niveaux, la majorité était PS-MR. Elle devient PS-CDH.

Elio Di Rupo (PS) est content : l'entente est meilleure avec le CDH qu'avec le MR et il est plus facile pour lui de s'allier avec un petit parti plutôt qu'un gros.

Joëlle Milquet (CDH) est contente : elle a ramené son parti au pouvoir. Certes, c'est un demi-pas. Le scrutin était régional et le CDH n'a réinvesti que les régions (lui et le CD&V restent dans l'opposition au fédéral). Mais Milquet est confiante. C'est acquis pour elle et pour Di Rupo : après avoir viré le MR des régions, le scrutin fédéral de 2007 sera l'occasion de sortir le MR du fédéral et d'installer là une majorité rouge-orange.

Le MR se dit trahi par le PS. Sa rancœur à l'égard du PS sera tenace…

Grain de sable – 2005

En septembre 2005, la justice met le nez dans la gestion de Charleroi. Des échevins PS sont dans le collimateur. Débute une saga, entraînant le PS de scandale en scandale – il le payera cash aux élections de 2007.

Autre effet de l'épisode : en donnant de la Wallonie l'image d'une région, non seulement mal gérée (l'économie wallonne sommeille…), mais affairiste, la « saga Charleroi » convaincra bien des électeurs flamands qu'il faut couper les ponts.

Bye-bye ?- 2006

Le 12 décembre 2006, la RTBF diffuse le canular que l'on ne présente plus : la Flandre fait sécession ! L'émission sème l'inquiétude, chez les citoyens francophones. À qui la chaîne publique a présenté une Flandre unanimement séparatiste. Et qui savent ne pas avoir les moyens de vivre sans l'aide de la Flandre.

Pour rassurer l'électorat, PS, MR, CDH et Écolo vont passer la campagne (les fédérales approchent…) à seriner qu'ils ne sont pas demandeurs d'une nouvelle réforme de l'État. Réforme que la Flandre, par réaction, exige avec une fermeté accrue (elle veut des régionalisations, outre, bien sûr, la scission de BHV…). Effet de surenchère, donc. Étant entendu que sur le terrain institutionnel (c'est un effet de son association avec la N-VA), le CD&V se montre plus revendicatif que VLD et SP.A.

En Belgique, les gouvernements fédéraux se composent par « famille » (qui dit CD&V au gouvernement, dit CDH ; qui dit PS, dit SP.A, etc.). En campagne, les adversaires du CDH feront valoir que voter pour lui fera (indirectement) arriver au pouvoir le cartel le plus dur sur le plan institutionnel. Pour se défendre, Milquet raidira son propos, allant jusqu'à jurer que le CDH ne participerait à aucune nouvelle réforme de l'État (MR, PS et Écolo se bornaient, eux, à dire qu'ils ne sont pas « demandeurs »…).

Les rêves brisés – 2007

Le 10 juin, le pays vote. Ce sont les élections fédérales. Comme pressenti, le duo CD&V/N-VA l'emporte au Nord.

L'espoir de Milquet de marier le PS au fédéral vole à l'eau – à cause de Charleroi, le PS s'est écroulé. Et le SP.A, en mauvais état aussi, se promet à l'opposition.

Autre mauvaise nouvelle pour Milquet : son score est moins bon que celui de 2004 – le CDH aura sans doute payé son idylle avec le PS.

En excluant toute idée de tripartite, le MR impose la voie de l'Orange bleue.

Voilà… Tous les éléments de la crise de cette fin novembre sont là.

1. Au sortir d'une campagne dure, et belliqueuse, les partis ont du mal à se dégager des postures d'avant-scrutin.

2. Les tensions entre partis restent très vives – se remettant mal de son échec électoral, le PS accuse le MR d'avoir fait campagne « sur Charleroi ».

3. L'Orange bleue ambitionne d'emboîter le parti flamand le plus radical sur le plan communautaire (le cartel) avec les formations francophones les plus opposées aux revendications flamandes – le CDH et le FDF, l'allié du MR.

4. Échaudée par ce scrutin, qu'elle a perdu et qui lui sert un scénario d'Orange bleue qu'elle n'imaginait pas (et qu'elle n'aime pas), Milquet va aussi méditer son échec électoral (parti trop souple, trop docile, trop porté aux compromis).

La présidente du CDH va, du coup, s'imposer une ligne dont sa formation était assez peu coutumière : la fermeté.

Milquet était « madame non » bien avant les élections.

Au 176e jour de crise, elle en est toujours là…

source : Le Soir



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Synergies chez les intérimaires

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Un nouveau géant de l’intérim

JEAN-FRANCOIS MUNSTER

lundi 03 décembre 2007, 21:39

OPA amicale de Randstad sur Vedior. Il y a des complémentarités géographiques évidentes entre les deux groupes. Sauf aux Pays-Bas et en Belgique...

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Alain Dewez

Tout a été très rapide. Vendredi, suite à des rumeurs de marché, les entreprises de travail temporaire hollandaises Vedior et Randstad reconnaissaient être en discussions en vue d’une éventuelle fusion. Lundi matin, la messe était dite. Elles annonçaient officiellement leurs noces prochaines, signant ainsi l’une des plus grosses opérations dans l’histoire du secteur.

Randstad, numéro trois mondial, lancera une OPA (offre publique d’achat) sur son concurrent, le numéro quatre, Vedior. « Une OPA amicale », souligne Ben Notteboom, patron de Randstad, qui préfère parler de « fusion ».

Le nouvel ensemble affichera un chiffre d’affaires de 17,3 milliards d’euros (prévisions 2007) et occupera la seconde place mondiale, juste derrière le suisse Adecco (20,4 milliards). Il sera numéro un en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, au Portugal, en Pologne, au Canada et en Inde. L’américain Manpower est relégué à la troisième place.

Pour mettre la main sur son rival, Randstad fait une offre mixte, en cash et en actions. Pour chaque action Vedior, Randstad proposera aux actionnaires 9,5 euros en cash et 0,32759 action Randstad. Les actionnaires de Vedior détiendront ainsi 33 % du groupe fusionné. Au total, le coût pour Randstad s’élèvera à 3,51 milliards d’euros. L’opération permettra de générer 100 millions d’euros de synergies. Si du moins aucune contre-offre n’est lancée par un concurrent.

Géographiquement, il y a pas mal de complémentarités entre les deux groupes. Randstad pourra se renforcer sur un marché clé comme la France, où il passera de la 8e à la 3e place, mais aussi en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et dans d’autres marchés émergents où Vedior disposait de fortes positions.

Les deux enseignes n’ont par contre pas la même politique de marques. Vedior possède 230 marques différentes ayant chacune une certaine autonomie. A l’inverse, Randstad est un groupe centralisé où la marque principale s’impose partout.

L’opération pose aussi de sérieux problèmes de concurrence dans deux marchés : les Pays-Bas, où le nouveau groupe s’octroiera plus de 40 % de parts, et la Belgique. Dans notre pays, Randstad est déjà archi-numéro un avec 25 % de parts de marché. Avec les 10 % de Vedior (nº4), il s’adjuge un tiers du marché. Il sera deux fois plus grand que son plus proche poursuivant, le groupe USG People (Startpeople).

En quelques chiffres, voici à quoi il ressemblera : 2.300 employés, 210 agences en propre et 150 au sein d’entreprises, un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros et 45.000 personnes mises chaque jour au travail.

Les autorités européennes de la concurrence auront certainement à se pencher sur le cas belge et hollandais. Elles pourraient forcer Randstad à vendre une partie de son réseau dans ces pays à un tiers. Selon un avocat spécialisé dans le droit de la concurrence européenne, c’est un dossier que Randstad va devoir défendre mais qui est loin d’être perdu. Randstad s’est quant à lui déclaré confiant.

Si le groupe reçoit le feu vert de la Commission européenne, on peut se poser des questions sur les conséquences sociales de la fusion en Belgique. Bien souvent, les agences Randstad sont sur le même trottoir que celles de Vedior et elles ont la même clientèle. Que va-t-il advenir des doublons ? Faut-il s’attendre à des fermetures d’agences et des pertes d’emplois ? Chez Randstad Belgique, on indique « qu’il est beaucoup trop tôt pour spéculer sur le sujet ». « Etant donné la croissance du marché de l’intérim et le mouvement relativement important du personnel, les licenciements secs pourront être évités », ajoute néanmoins Jan Denys, porte-parole de Randstad.

source : Le Soir

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